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11 octobre, 2008

Les RMIstes discutent d’un plan de sauvetage des banquiers

Classé dans : quotidien singulier — ¤ @ 17:18

Quand les gros maigrissent, les maigres meurent
(proverbe chinois) trouvé chez héron Gris

Les RMIstes discutent d'un plan de sauvetage des banquiers  dans quotidien singulier gros-chien_1d342e

les banquiers sont malheureux.. ils vont perdre plein d’argent.. 

pourtant ce ne sont que de modestes poètes.. ils adorent la pluie

main dans quotidien singulier
dollar

à côté de ça.. les RMIstes pavoisent!.. forcément .. ils ne perdent rien eux!.. 
lisez le témoignage (copie-collé) de Jean Marc.. La misère au quotidien ..sur
Alter-France ..

« D’abord on ne vit pas avec le RMI, on survit. La vie se résume à subvenir aux premiers besoins : assurer un appartement, un endroit où dormir, un chez soi. Les meubles importent peu.
Ensuite trouver un propriétaire qui n’aura pas trop de préjugés quand vous lui déclarez que vous percevez le RMI ; souvent il vous regarde de travers, se méfie, vous méprise. S’il accepte sans trop râler, c’est que l’appartement à quelques défauts dont il ne parlera pas bien entendu. J’en ai même croisé, des propriétaires qui vantaient dans le prix du loyer une connexion au câble mais ils oublient de vous dire dans quel état est l’appartement : un cagibi peut, parfois, faire office d’appartement. Une fois un appartement trouvé dans un état moyen car c’est ainsi, avec le RMI l’appartement ne sera jamais dans un état convenable sauf cas exceptionnel il faut penser au loyer.
Le deuxième point essentiel est d’assurer le loyer mensuel. Là, vous avez la CAF et le RMI. Il faut savoir que même en étant au RMI, vous payez tout : loyer, eau, gaz, électricité, charges (sauf la taxe d’habitation mais il y aura bien un politique tordu qui trouvera le moyen de nous la faire payer). Certains croient le contraire mais ils se trompent. Pour s’en sortir, il suffit de gérer le tout, de savoir quand telle ou telle charge doit être payée. Et c’est là où tout se corse.
Pour une personne vivant seule, c’est mon cas, c’est possible de jongler avec le RMI en sachant qu’il vous faudra au moins une aide exceptionnelle par année négociée avec l’AS (assistante sociale), mais il ne faut pas s’attendre à des miracles ; une petite aide et un crédit sans intérêts sur quelques mois voilà l’effort ! Autrement dit : vous devez vous débrouiller pour payer. Alors quand on parle d’assistanat laissez-moi rire bien fort !
Une fois que la gestion de ces besoins est assurée, il faut penser à se nourrir. Là aussi, il ne faut pas rêver, c’est la course au produit le moins cher et qui sera susceptible de durer au moins deux repas au minimum. Une pizza achetée peut être partagée en quatre par exemple et donc faire quatre repas. Toute viande doit au moins faire deux repas, et ainsi de suite sinon impossible de s’en sortir à moins d’aller chercher de la nourriture distribuée gratuitement. Il y a aussi l’option des supermarchés ghettos, ceux qui font à prix coûtant où tous les pauvres, les gueux se retrouvent puisque c’est là où on leur dit d’aller. Il faut aussi savoir que repas est un bien grand mot quand vous êtes au RMI, disons que la question du poids ne se pose pas, votre régime se fait automatiquement. Et, là aussi, pas question de nourriture bio, trop chère ; tout le monde veut de la nourriture bio, saine, propre, non contaminée, sans OGM, bref de la pureté, du terroir. Inutile de dire où se situent les classes.
Parlons des habits, maintenant, pas question d’y penser, car le loyer, les charges et la nourriture vous prennent tout. Donc il faut compter sur des aides extérieures. Soit des associations qui donnent des habits, soit vous avez la chance d’avoir une famille qui vous soutient (mon cas), alors profitez-en pour demander aux dates anniversaires et autres fêtes des produits utiles : habits, chaussures, draps, couvertures, etc.
La famille. Parlons-en. Si vous n’avez pas encore coupé complètement les liens avec votre famille, sachez qu’être au RMI pour votre famille est un sujet d’angoisse, d’inquiétude (comment mon enfant ne réussit-il pas ? Pourquoi est-il tombé dans le RMI ? Qu’ai-je donc fait ou n’ai pas fait ?) Cette forme de culpabilisation mine obligatoirement vos rapports avec votre famille à plus ou moins long terme sans parler de ceux qui prennent n’importe quel prétexte pour ne pas ou plus vous parler. En étant au RMI, vous vous trouvez dans une situation quasi infantilisante, on vous reprochera même que le RMI, c’est de l’argent de poche !!! Vous vous retrouvez dans cette situation d’infantilisation parce que vous êtes dans une situation de demandeur, dois-je demander ou non ? Telle est la question qui me mine tout le temps alors quand je demande, je le fais pour une raison valable d’après moi. Vous ne demandez jamais par plaisir de demander, mais parce que vous en avez besoin. Les situations familiales sont si étranges que, parfois, cette demande est détournée de son objectif premier pour en faire quelque chose d’autre ; cela permet de cacher la misère dans laquelle je vis et, par là, la famille voit que ce qu’elle a envie de voir. La famille vous pose et se pose des questions rarement les bonnes.
Ces pseudo-aides, qu’elles soient de l’Etat ou de la famille, ressemblent aux aides des pays riches vers les pays pauvres, toujours un peu, le minimum, de quoi subvenir pour améliorer l’ordinaire mais jamais une aide qui vous rendra complètement autonome ; comme les pays pauvres je suis en voie de développement durable pour longtemps…
La vie sociale du RMIste se borne à un enfermement quasi forcé ; on fuit le RMIste comme le pesteux était fuit autrefois. On vous sourit quand on ne vous connaît pas. On s’éloigne quand on apprend que vous êtes chômeur. On tire sa révérence quand on sait que vous êtes RMIste. Les rares qui restent, là, avec vous, ce sont les autres que l’on a fuit avec la même méthode. Ainsi il n’y a pas de mélange, et, le plus amusant c’est lorsqu’une parole, qui se croit bonne, déclare qu’il faut sortir, aller dehors, voir d’autres personnes. Juste parce que vous aimez être fuit, dévisagé, du doigt montré et que vous servez d’exemple : « Ah ! Non, je ne serai jamais comme ça ! » ou encore « Il faut bien des perdants pour qu’il y ait des gagnants. » Cela est ainsi parce qu’il faut des justifications pour se sentir appartenir à un groupe et exclu d’un autre ; la solitude, ce n’est jamais soi qui la choisit (à moins d’être un religieux) mais les autres qui vous la font vivre parce qu’ils ne savent pas dans quel monde eux-mêmes vivent.
J’en ai rencontré et j’en croise encore des personnes qui pour ne pas être exclues d’un groupe font tout ce qu’elles peuvent pour y rester quitte à devenir le contraire de ce qu’elles sont, quitte à se tromper volontairement sur la nature de leur fréquentation, quitte a aller voir le psy aux bouts de quelques années vécues dans une ignorance voulue. Ce sont généralement ces personnes-là qui vous donnent ce genre de « bons » conseils et vous parlent d’amour comme si la plus grande preuve d’amour était d’effacer ses propres défauts et ceux des autres pour éviter d’être rejeté du groupe ou du couple. Se retrouver seul est le jugement dernier de la voie sociale contemporaine. Le RMIste est, par conséquent, le rouage suffisant pour vivre une mort sociale et un comas économique.
Essayons d’aborder le thème de l’insertion, puisque le RMI est sensé servir à insérer. Quels sont les emplois que l’on vous propose ? Disons qu’en dehors du Contrat Emploi Solidarité et l’intérim saisonnier, il n’y a rien. Le CES est un contrat qui profite à beaucoup, même aux institutions qui embauchent des CES par le biais d’associations couvertures ; oui tout est possible. Le CES sert à tout et à n’importe quoi. Le RMIste prend le CES parce qu’on lui assure pendant quelques mois le cumul du RMI et du CES en termes de revenus mais une fois ces quelques mois passés (entre trois et six mois) il faut savoir que le RMI est recalculé en fonction de ce que vous avez perçu, donc il baisse pendant trois mois si vous avez travaillé trois mois, pendant six mois si vous avez travaillé six mois. Autrement dit pour avoir tenté de vous en sortir, on vous sanctionne parce que recevoir de l’argent quand on est au RMI cela ne se fait pas. Qui ose encore parler d’assistanat ?
Pourquoi n’y a-t-il presque pas d’emplois proposés ? La rumeur dira que le RMIste est un incapable, qu’il ne sait rien faire, d’ailleurs lui propose-t-on des formations et il ne trouve rien ! C’est donc qu’il ne veut pas travailler sauf que ces formations sont pour la plupart bidons. J’en ai fait quelques unes où j’ai passé mon temps à faire des collages, à aller voir les autres pour leur demander comment on fait pour travailler sans parler des stages gratuits dans des entreprises qui ne vous embaucheront jamais et des batteries de tests qui servent à prouver que ce que vous désirez faire ne correspond pas à la réalité : partez de vos souhaits – c’est ce que l’on vous demande –, et les tests serviront à démontrer que vos souhaits ne correspondent pas à la réalité du marché du travail suivant une méthode bien connue de ces faiseurs de test, appliquée de façon systématique, la méthode de l’entonnoir : partir du plus large pour arriver au plus restreint. Vous voilà frustré par vos propres désirs parce que être au RMI veut dire : ne pas avoir le droit de faire ce que vous désirez et cela est prouvé objectivement par les tests. Et si, en plus, vous tombez sur un ou une fanatique de la raison psychologique qui ayant étudié un peu la psychologie sans même avoir compris ce que cela signifie se croit permis de vous suggérez une raison psychologique à vos pseudo désirs de RMIste rêveur, le tour est joué. Ce que vous êtes ne correspond pas du tout à la réalité du marché du travail. Vous voilà convaincu objectivement (par les tests) et subjectivement (par la raison psychologique) !
En conséquence le seul contrat véritablement accessible est le CES. Sinon pour le RMIste, il n’existe rien d’autre. Bref, quand on est dans le RMI, on est gentiment invité à y rester même si personne ne vous le dit clairement. Vous devez y rester parce que vous n’avez pas l’étoffe du réaliste, de celui qui se confronte à la réalité du marché du travail et du monde ; qui êtes-vous finalement pour désirer quelque chose de différent alors que vous êtes RMIste ? Tel est le cercle vicieux, et, le mieux, c’est de donner raison à ce que l’on n’a pas cessé de vous suggérer : être destructuré mentalement, au moins vous permettrez à quelques-uns de vivre le syndrome du christ. « J’aurais aimé pouvoir faire plus. » Pourquoi ne pas clamer directement : « lève-toi et marche. » ?
Si avec le RMI, je ne vis pas. Je sais que je fais vivre de nombreuses associations, des dispositifs administratifs et autres centres de formations. Car c’est cela la morale de l’histoire, le RMI, l’exclusion servent à faire vivre des gens qui, certes, ne pensent pas profiter de la situation et ont un sens réel de l’aide mais quand on vit avec le RMI, il n’y a pas d’illusion et l’on voit le véritable visage de la société avec ces gens qui, malgré leur bonne foi, sont prêts à défendre une société qu’ils ne comprennent plus et qui exploite leur générosité pour en faire une mesure économique d’oppression
. »

 

Jean-Marc!!! vous rendez-vous seulement compte de l’indécence de votre situation financière?..
vous le faites exprès ou quoi?!!
vous donnez mauvaise conscience aux-nantis-dans-la-tourmente-boursière..
vous le savez ça?
Pfffffff!!

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