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14 octobre, 2008

enfants – petits jouets pour grandes personnes

Classé dans : quotidien singulier — ¤ @ 7:39

Xavier Bertrand (ministre du travail) a souhaité lundi à Marseille que les nouvelles crèches « puissent être ouvertes sept jours sur sept quand il le faut », afin d’accueillir les enfants de parents travaillant les samedi et dimanche.

l’avis de jpd de la Plage ..
« 
Ils n’ont vraiment pas honte et ne sont pas guéris de l’ultra libéralisme.
Chatel relance de son côté la pub sur les bienfaits du travail le dimanche : il s’agit de faire face aux Chinois….
Les attaques sont multiples :
- contre l’école maternelle ( elle qui ne peut pas être ouverte le dimanche ! ( vous vous rendez compte m’dam Michu !)
- Sur une formation rabougrie des futurs enseignants.
Après on pleurera sur l’irresponsabilité des parents et la violence des jeunes

ils feraient mieux de multiplier les crèches pendant la semaine ordinaire
 » …..

jpd a son franc parlé.. mais il dit vrai! .. les enfants ne sont que des petits jouets pour certaines « grandes personnes » bien trop policées ..

j’aimerais vous raconter

c’était un petit Chilien.. il s’appelait Mario
je le voyais parce que sa maman perdait pied.. son enfant était mort à neuf ans lors d’un accident
donc cette maman avait voulu le remplacer.. elle était allée « en chercher un » au Chili
elle me disait :
« ils m’ont menti.. ils m’ont affirmé qu’il a neuf ans.. comme le mien.. mais ils m’ont menti.. j’en suis sûre.. il a au moins onze ans.. voyez le.. dites-moi.. dites-moi s’il n’a que neuf ans .. vous devez avoir des repères.. voyez.. dites-moi »
c’était ce qui la préoccupait.. faire revivre son enfant à l’identique..
pardon Madame.. c’est ce que  je pensais quand je vous entendais vous battre contre l’idée de mort définitive 

alors j’ai vu Mario..il m’a raconté..
il se souvenait d’une large route terreuse.. il était en voiture.. toute la marmaille derrière dont lui
il se souvenait d’une boulangerie sur la gauche
il se souvenait que ses parents avaient besoin de pain.. qu’ils lui avaient donné une pièce et qu’il avait dû aller acheter  lui .. le pain.. parce qu’il était contre la portière
il se souvenait que lorsqu’il était sorti de la boulangerie.. plus de voiture.. plus de famille.. on l’avait sûrement oublié.. on allait revenir le chercher 
il se souvenait qu’il s’était assis sur le bas côté.. 
et il avait attendu ..
et puis.. dans la nuit.. ou le lendemain.. il se souvenait qu’on l’avait « ramassé » comme un petit paquet.. et qu’il avait été amené à l’orphelinat

et là il avait rencontré Cariña .. c’est ainsi qu’il l’appelait
Cariña c’était sa tutrice.. celle qui le surveillait .. qui l’accompagnait.. qui lui donnait des sucreries.. qui lui caressait les cheveux.. qui le défendait.. qui le consolait.. qui le réconfortait.. qui le réchauffait.. c’était sa deuxième maman.. ou plutôt sa seule maman.. car il se racontait comme s’il était né ce jour là.. sur une large route écrasée de soleil.. 

.enfants - petits jouets pour grandes personnes dans quotidien singulier header-chilli_thumb

peut-être ce soleil qu’il dessinait ainsi.

c’est vrai qu’il m’en parlait.. c’est vrai qu’il ne l’avait pas oubliée..
il se souvenait du jour où elle lui a annoncé qu’il avait été choisi par une famille française.. une famille française.. le rêve!!
il se souvenait qu’elle lui avait dit qu’il était chanceux.. qu’il allait enfin avoir un vrai papa et une vraie maman.. qu’il allait connaître un autre pays où il serait heureux et choyé.. qu’il aurait des cadeaux très chers.. qu’il serait gâté
ils se souvenait de ses copains qui l’enviaient.. qui le touchaient comme un miraculé
et puis.. il se souvenait aussi que Cariña avait pleuré quand il était parti et qu’elle lui avait donné son numéro de téléphone .. mais c’était trop loin.. il ne pouvait pas l’appeler .. ça faisait trop cher
« n’est-ce pas M.. ça fait trop cher? »
je ne sais pas.. je ne sais jamais rien.. c’est chacun qui le voit..

de son côté la maman se plaignait ..
« j’aurais aimé qu’il ait été abandonné.. malheureux.. en souffrance.. pour qu’il puisse s’attacher à moi.. pour qu’il ait un vide à combler.. alors que là .. je me sens en rivalité avec cette femme qu’il regrette toujours même s’il prétend le contraire.. que dois-je faire? »
pourquoi cette question? elle avait un enfant.. elle devait l’élever.. l’éduquer.. l’accompagner.. non?
« non!..  je ne peux pas.. je ne pourrai pas.. je n’en ai pas la force.. et puis il n’arrive pas à m’aimer.. moi non plus »
et voilà.. c’était dit.. elle venait de conscientiser l’horreur.. elle voulait de nouveau l’abandonner.. elle ne pouvait.. elle ne pouvait faire autrement
et moi.. moi que lui dire?.. étais-je là pour lui faire la morale?.. pour la sermonner?.. pour lui parler du bien et du mal?.. est-ce que je sais moi ce qui est bien ou mal?
je l’ai laissée décider..
elle a décidé

quelques moi plus tard.. Mario a demandé à me voir.. j’étais fière.. moi!!
l’entretien n’a duré que quelques secondes
il s’est planté devant moi l’air furieux
« tu m’as menti!! .. c’est fini..  je suis renvoyé dans mon pays .. je ne lui conviens pas!!.. je suis un chien qu’on remet en fourrière.. et toi tu n’as rien fait.. tu es comme l’Autre« 

c’est tout
il m’a jetée..  sur le bord de la route.. comme on l’avait jeté..
comme lui ..je me suis sentie coupable..  et comme lui.. sans savoir de quoi..  

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