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24 novembre, 2009

Israël//Palestine – le prix d’un Homme – Salah Hamouri

Classé dans : actualité — ¤ @ 6:56

la libération du soldat Shalit, qui possède aussi la nationalité française, entrerait dans le cadre d’un échange « contre un certain nombre de prisonniers, près de 500 Palestiniens »

Et Salah Hamouri ?

 

http://www.dailymotion.com/video/xb8foz

lettres de Salah Hamouri écrites dans sa prison

Le peuple palestinien a vécu beaucoup de tragédies pendant ces 61 dernières années à cause de l’occupation israélienne qui a expulsé de force le peuple palestinien de sa terre. Ils ont commis beaucoup de massacres et il y a eu beaucoup de morts.

Le monde n’a pas bougé. Notre devoir, nous les Palestiniens, est de protéger notre peuple. Pour cela il nous reste que la résistance, qu’elle soit culturelle ou économique, pour libérer notre terre. Il y a des morts et des blessés dans cette lutte. Et il y a aussi des prisonniers. Les prisonniers palestiniens sont des prisonniers politiques. Ce ne sont ni des voleurs, ni des criminels et encore moins des « terroristes ». Mais Israël se refuse à appliquer le droit international. Envers ces prisonniers c’est la « justice militaire » qui leur est appliquée.

Il ta plusieurs étape dans la vie d’un détenu palestinien. La première c’est la période d’interrogatoire. L’enquêteur emploie tous les moyens pour faire parler le détenu afin qu’il fasse des aveux qui seront ensuite utilisés contre lui au tribunal militaire. Les divers moyens utilisés sont tous : la force. Il s’agit de terroriser le prisonnier, de le menacer de tortures et de lui dire qu’il passera toute sa vie en prison s’il n’avoue pas.

Un membre de la famille peut être amené (père ou mère) et le prisonnier le voit derrière une vitre teintée pendant qu’il est interrogé. Ensuite on ne nous laisse pas dormir : on est interrogé pendant 20 heures de suite attaché à une chaise, les mains dans le dos et les pieds liés. Pendant les quelques heures qu’il nous resterait pour dormir et se laver un peu, on ne peut pas : tout est sale, on st dans le noir dans une cellule de 5 mètres avec des toilettes. On n’a plus la notion du temps. Du jour ou de la nuit. Plus de repères. Cette première étape peut durer jusqu’à 6 mois. Ensuite le prisonnier sera transféré dans une prison centrale où la vie changera un peu. Mais il faut que je m’arrête d’écrire. Déjà… 

Salah Hamouri

Prison de Gilboa, Le 22 octobre 2008

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Dans ma première lettre, je vous ai parlé des premiers mois passés en prison pendant l’épreuve de l’interrogatoire.

Je vais vous parler maintenant de la « deuxième période : la vie quotidienne en prison », qui laisse des marques sur la vie des prisonniers et sur leur futur.

Je suis en cellule avec sept autres prisonniers, dont certains ont déjà passé plus de vingt ans derrière les barreaux.

Il y a en prison toute une organisation et des lois intérieures, mais ce qui est important, c’est le développement du mouvement des prisonniers. En effet, les changements dans l’organisation de la vie en prison ont demandé beaucoup de temps, d’efforts et de sacrifices. Avant l’année 1992, l’oppression était forte en prison, malgré la résistance et la solidarité des détenus. 1992 marque l’année d’une lutte où les prisonniers ont organisé un mouvement de résistance en faisant une grève de la faim afin d’obtenir le minimum vital et leurs droits. Cette grève a duré dix-sept jours. La rue palestinienne était solidaire, malgré les difficultés et la répression israélienne. Les prisonniers ont gagné cette bataille. Ils ont réussi à obtenir quelques améliorations dans leur quotidien difficile, par exemple ils ont eu le droit d’avoir un contact quelques minutes avec leurs enfants pendant les visites, de faire rentrer couvertures et vêtements apportés par les familles, de pouvoir étudier à l’université par correspondance, de regarder la télé afin de ne pas être coupé du monde complètement.

Ces « victoires » ont eu une influence sur la vie des prisonniers et leur ont donné du courage.

En prison, il y a une vie très structurée, chaque prisonnier, chaque organisation politique connaît ses droits et ses devoirs. Chaque groupe politique est représenté dans des comités, un prisonnier élu par les autres représente l’ensemble des détenus devant l’administration quand il y a un problème, une réclamation, etc.

Le but de l’occupation israélienne est d’isoler les prisonniers, mais notre organisation nous permet de rester forts, solidaires, de faire respecter nos droits, pour lesquels il nous faut toujours lutter, malgré les tentatives de l’autorité israélienne de nous casser. Ces derniers mois, il y a eu plusieurs tentatives pour nous rendre la vie plus difficile.

La première étant de nous interdire les livres que nos familles pouvaient nous apporter en nombre limité. C’est une manière de nous tuer culturellement, la lecture étant notre occupation principale. La seconde est de nous faire payer des amendes si nous n’obéissions pas au règlement.

Il est fréquent aussi que des détenus soient mis en isolement et privés de visites.

En effet, nos familles peuvent nous rendre visite deux fois par mois pendant 45 minutes, nous savons que, pour elles, c’est difficile, certains ont des parents âgés ou malades qui supportent mal les trajets et l’attente dehors. Mais nos familles sont solidaires malgré les difficultés. Pendant la visite, nous sommes séparés de nos parents par une vitre épaisse et on peut se parler avec un interphone. Le temps passe vite, je dois déjà m’arrêter d’écrire… »

Salah

Prison de Guilboa, le 20 février 2009

source l’Huma

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